Les origines

Le karaté (kara – “vide” et te – “main”) est un art de défense à mains nues. Ses origines remonteraient à la boxe chinoise. Le manque d’écrits nous empêche d’en établir exactement ses débuts, mais selon une théorie, elle serait originaire de Turquie. Avec la montée de la civilisation au Moyen Orient, elle se diffusa lentement vers l’Inde et la Chine. On dit que la boxe chinoise existait déjà il y a 5000 ans.

 

La boxe chinoise se divisa en styles du nord et du sud. Deux styles de boxe émergèrent : le Naika kempo et le Gaika Kempo.

 

L’île d’Okinawa, île principale de l’archipel des Ryu-Kyu située entre l’île de Taïwan, le Japon et la Chine, entretenait, depuis le 10e siècle, des rapports commerciaux avec les Chinois. Ces rapports ont permis à de nombreux experts de boxe chinoise de s’y rendre et aux okinawaiens de se rendre en Chine.

 

Au fil des ans, Okinawa aura été conquise tour à tour par les Chinois et par les Japonais. En 1609, l’archipel Ryu-Kyu est envahi par le Japon. Pour éviter toute rébellion, toutes les armes ont aussitôt été prohibées. Les techniques de combats à mains nues prennent alors toute leur importance.

 

L’entraînement se fait alors dans le secret le plus strict. Les connaissances sont transmises de maîtres à disciples et aucun écrit n’est jamais conservé. Ce secret rend difficile la généalogie du karaté. On sait toutefois que cet art s’est développé surtout en trois endroits : à Naha, ville portuaire, Shuri, la capitale d’alors et dans le village de Tomari.

 

Le Naha-Te, qu’on appelle aujourd’hui Shorei-Ryu, est un art plus dur, caractérisé par des mouvements puissants. Son art est plutôt défensif.

 

Le Shuri-Te, appelé aujourd’hui Shorin-Ryu, donnera au Japon les styles Shotokan (Gichin Funakoshi) et Wado-ryu. Il est caractérisé par des mouvements plus dynamiques et plus rapides. Cet art est plutôt offensif et provient des techniques de combat de la Chine du Nord telles que le Shaolin Kempo.

 

Tomari étant un petit village proche de Shuri, les deux communautés ont beaucoup échangé et on considère le Tomari-Te comme une ramification du Shuri-Te

 

À l’époque, on parlait d’Okinawa-Te et de Tô-De. Ce n’est qu’au début du siècle qu’on a commencé à utiliser le terme Kara-Te

 

 

Entraînement au château de Shuri en 1938