Le Shorin-Ryü

Le Shōrin-ryū (少林流, littéralement école de la jeune forêt ou école de la petite forêt), traduction littérale des caractères chinois utilisés pour écrire l’école Shaolin, est l’un des 2 styles majeurs les plus anciens de karaté d’Okinawa avec le gōjū-ryū. C’est le style le plus ancien et il est à l’origine de presque toutes les autres écoles : Shotokan, Shito ryu, Wado ryu, etc…

 

Celui que l’on considère comme l’initiateur du karaté d’Okinawa est Sakugawa Kanga « Tode » (1762-1843). Son art, le Tode, était un mélange de Shuri-Te, pratiqué par les samouraïs de la cour du roi de Shuri et de Kempo chinois. Son Maître Kempo, Kushanku, « ambassadeur » militaire de Chine, expert en Shaolin Kempo, était reconnu pour son aptitude au combat et son enseignement. Tode Sakugawa, voyagera plusieurs fois en Chine pour y perfectionner son art. Il a beaucoup fait évoluer le Shuri-Te en y mélangeant les techniques locales et celles du Kung-Fu Shalolin.

 

 

Son plus célèbre disciple est certainement Matsumura Sökon « Bushi (guerrier)» (1809-1899).  Il fut son dernier disciple et devint son successeur. Ses qualités de combattant étaient si exceptionnelles qu’il devint très rapidement, à l’âge de 19 ans, le responsable et instructeur de la garde du palais de Shuri (résidence des rois d’Okinawa) et garde du corps personnel du Roi.

Il instaura un véritable système d’enseignement pour sa méthode de combat et introduisit, les katas Kushanku (en référence à l’un des 2 maîtres de Sakugawa) et créa entre autres, Chintö, les katas Passaï, et le Naïhanchi pour renforcer le corps et permettre de développer la stabilité du combattant debout et son équilibre dans des déplacements rapides.

Tous les styles de karaté modernes, sans aucune exception sont issus de son enseignement, y compris, en partie, le Gōjū-ryū, et le Uechi-ryū (les 2 autres styles traditionnels okinawaiens).

C’est grâce à cette méthode d’enseignement qu’il nous est aujourd’hui possible de faire les généalogies du karaté d’Okinawa à Sokon Matsumura. Il nomma son système « Shörin-Ryü ».

 

De nombreux autres disciples continueront, dont Itosu Yasutsune « Ankö » (1831-1915). Ce dernier a introduit l’enseignement du karaté d’Okinawa dans les écoles de l’île. Depuis 1904 (1902, selon les ouvrages consultés), le karaté fait partie du programme d’éducation physique de l’école élémentaire de Shuri. En avril 1906, des clubs de karaté s’établirent dans les collèges préfectoraux d’Okinawa, au lycée commercial municipal de Naha et à l’école préfectorale d’Okinawa.

Réalisant que les katas hérités de ses prédécesseurs étaient trop compliqués pour les collégiens, il créa en 1907, les cinq katas Pinan à partir des katas Passaï, Kushanku, Chintö et Jion. Il divisa aussi le kata Naïhanshi en trois parties pour en faciliter l’apprentissage.

 

Parmi les disciples d’Ankö Itosu, on retrouve Choshin Chibana (1885 – 1969), fondateur du Shorin-Ryu, et Gichin Funakoshi (1868 – 1957), fondateur du Shotokan, qui introduisit le karaté à Tokyo en 1922 (on dit de lui qu’il serait le fondateur du karaté moderne) et Anko Azato (1827 – 1906).

 

 

 

Commemorating the establishment of the basic kata of karate-do (1937)
(Front, from right) Chojun Miyagi, Chomo Hanashiro, Kentsu Yabu, Chotoku Kyan(Back, from right) Genwa Nakasone, Choshin Chibana, Choryo Maeshiro, Shinpan Shiroma.

 

Choshin Chibana « Hanshi no Sogo » fut l’élève de Ankö Itosu dès l’âge de 15 ans et lui resta fidèle jusqu’à sa mort. En 1920, il ouvrit un dojo à Shuri. Il changea les idéogrammes pour écrire Shorin-Ryu qui est la transcription okinawaienne de Shaolin (petite forêt).

En 1956, il devint le premier président de l’Okinawa Karaté-Do Renmei, organisation qui regroupe l’ensemble des styles de l’île.

Il aura parmi ses élèves Jyouki Uema (1920-2011)